Objectif de la leçon : identifier les potentialités naturelles et humaines du milieu tropical ivoirien, comprendre sa faible mise en valeur et les politiques de développement mises en place.
I. Un milieu physique contrasté mais globalement favorable à l’implantation humaine
1. Relief de plateaux et réseau hydrographique
- Relief : dominé par des plateaux étagés (300 à 900 m) orientés vers le Nord :
- Hauts plateaux au Nord et Nord-Ouest (500–900 m).
- Bas plateaux au centre (300–500 m) parfois surmontés de chaînes de collines (chaînes baoulé, Tiémé, Madinani…).
- Hydrographie : région relativement bien drainée :
- Traversée par les grands fleuves (Bandama, Comoé, Sassandra, Cavally).
- Présence de cours d’eau secondaires (Bagoué, Volta Noire, Bafing…).
2. Climat tropical et végétation de savane
- Climat tropical humide avec une variante plus sèche au Nord-Est :
- Précipitations de 900 à 1 500 mm/an selon les zones.
- Température moyenne ≈ 25 °C ; saison des pluies et saison sèche bien marquées.
- Présence de l’harmattan (vent chaud et sec venu du Sahara) en saison sèche.
- Végétation : prédominance de la savane :
- Savane arborée, forêts-galeries le long des cours d’eau au centre.
- Savane plus ouverte au Nord, avec quelques forêts claires.
- Sols :
- Sols ferrugineux dominants, peu profonds et fragiles, adaptés aux céréales et à certaines cultures de rente (coton, anacarde, canne à sucre…).
- Présence ponctuelle de sols ferralitiques.
3. Ressources du sous-sol
- Présence d’or, de diamant, de bauxite, de manganèse…
- Ressources encore peu exploitées, sauf quelques mines (or de Tongon, diamant de Tortiya et Séguéla…).
À retenir : le milieu tropical n’est pas « défavorisé par la nature » ; il possède des potentialités (plateaux, savane, sols ferrugineux, ressources minières) mais différentes de celles du milieu subéquatorial.
II. Un espace faiblement peuplé et dominé par une économie rurale
1. Faible densité et urbanisation limitée
- Population moins nombreuse que dans le Sud : environ 1/3 de la population ivoirienne.
- Forte émigration vers le milieu subéquatorial (recherche d’emplois, de services, de meilleures conditions de vie).
- Population jeune, mais une partie de cette jeunesse quitte la région.
- Urbanisation : trame urbaine peu dense, villes éloignées les unes des autres (Bouaké, Korhogo, Ferkessédougou, Odienné, Yamoussoukro…).
- Infrastructures (routes, hôpitaux, écoles, universités) présentes mais moins nombreuses que dans le Sud.
2. Un secteur primaire dominant
a) Agriculture
- Agriculture vivrière : maïs, mil, sorgho, fonio, arachide, riz, tubercules (igname, manioc, patate douce), maraîchage (tomate, chou, épinard…).
- Agriculture de rente : coton, anacarde (noix de cajou), tabac, canne à sucre, mangue…
- Méthodes souvent traditionnelles (culture sur brûlis, outils manuels, faible mécanisation, peu d’engrais et d’irrigation), mais présence de quelques complexes agro-industriels (sucreries, usines de décorticage d’anacarde…).
b) Élevage
- Élevage extensif de bovins, ovins, caprins et volailles (conditions favorables : savane, herbes abondantes, climat moins humide).
- Apport important en viande pour le pays ; soutien de l’État (structures d’encadrement comme l’ANADER).
3. Des secteurs secondaire et tertiaire encore modestes
- Industrie : quelques unités (complexes sucriers de Ferkessédougou et Borotou, usines textiles à Bouaké, usines d’anacarde, égrenage de coton…), mais l’ensemble reste peu industrialisé.
- Services : commerce actif (échanges avec pays voisins : Mali, Burkina Faso, Guinée), transport routier et ferroviaire, artisanat (tissage, poterie, forge), tourisme culturel (mosquée de Kong, villages de tisserands, sites naturels).
Constat : le milieu tropical ivoirien présente un retard de développement par rapport au Sud, mais il dispose d’atouts réels (terres, bétail, cultures céréalières et de rente, position frontalière) qui justifient les politiques de mise en valeur.
III. Les stratégies de mise en valeur du milieu tropical
1. Politiques de développement
- L’État mise sur l’agro-industrie et le secteur privé pour redynamiser la région :
- Programmes de reconstruction et de développement rural (infrastructures, équipement).
- Promotion des filières coton, anacarde, riz, sucre, etc.
- Investissements dans les industries de transformation (textile, agroalimentaire, usines d’anacarde…).
- Mesures fiscales incitatives pour les entreprises qui s’implantent dans le Nord (allègements d’impôts, facilités diverses).
2. Rôle de l’impôt dans la mise en valeur
- Les activités agricoles, pastorales, commerciales et touristiques génèrent des impôts (impôt sur le revenu, foncier, taxes communales, TVA…).
- Les recettes fiscales sont utilisées pour :
- Construire des routes, hôpitaux, écoles, marchés.
- Entretenir et étendre les réseaux d’eau, d’électricité, de télécommunications.
À retenir pour le contrôle :- Le milieu tropical ivoirien couvre le Nord et le Centre du pays, avec un paysage de plateaux de savane, un climat tropical et des sols ferrugineux.
- Il est faiblement peuplé et peu urbanisé, mais possède des atouts agricoles, pastoraux et miniers importants.
- L’État cherche à réduire les déséquilibres entre Nord et Sud en soutenant l’agro-industrie, les infrastructures et en utilisant l’impôt pour financer la mise en valeur.
Créé par Haniel_dev